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La phrase est d'Antoine Wiertz (1806-1865) et convient assez peu à la modestie et au bon sens que l'on reconnaît d'habitude aux Belges. Il fallait donc être jeune et surtout culotté pour débarquer à Paris sous un label aussi déraisonnable. Que les choses soient claires : la dizaine de jeunes artistes que présente le Centre Wallonie-Bruxelles n'a rien à voir avec le caractère exalté du pamphlet d'origine. Dans leur cas, l'énormité de l'affirmation témoigne seulement d'un sens très belge du « décalage ». Elle leur permet en outre d'échapper aux fantasmes et aux inhibitions que leurs aînés ont entretenus à l'égard de la Ville Lumière. Pour eux, il est naturel de montrer leur travail à une heure de chez eux. Faut-il rappeler que, là où la France monte à la Capitale, le Belge (par un hasard de la géographie) descend sur Paris C'est donc dans cet esprit « inversé » qu'Usagexterne a confié à Juan d'Oultremont la conception de cette exposition. Un projet décomplexé qui met en lumière le travail de (très) jeunes artistes de la Communauté française de Belgique, à travers des oeuvres qui, sans vouloir faire école, témoignent d'une situation qui leur est propre. Celle d'une génération qui, après s'être enfin affranchie de l'étiquette du «surréalisme à la belge», s'ancre résolument dans le «glocal». Leur pratique anticipe et interroge le monde de façon tout à la fois universelle et locale. À l'image du lieu qui les accueille, ils sont verts et d'autant plus contents d'être à Paris, qu'on ne les y attendait pas!
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